dimanche 20 juillet 2008

Porteurs

(Axelle au téléphone vendredi midi)
Les quatre amis sont conscients d'aider ces gens par le travail qu'ils leur
fournissent, mais se sentent impuissants lorsqu'ils les voient faire
demi-tour sans équipement après leur arrivée au camp de base.
Ils leur ont laissé quelques produits de première nécessité, mais ne
voient pas quelle attitude serait la plus juste à adopter dans cette
situation.
Aurélie

Deux

(Axelle au téléphone vendredi midi)
C'est le nombre de gynécologues installés dans tout le Nord du
Pakistan. L'accès des femmes à leurs soins resterait très
compliqué, notamment lorsqu'elles habitent des villages non
desservis par la route.
Axelle a demandé, dans le dernier village qu'ils ont traversé, à
pouvoir entrer dans une habitation afin de parler avec des femmes
de la région.
Aurélie

Arrivée au camp de base

(Axelle au téléphone vendredi 18 à midi)
Arrivée ce midi donc au camp de base à 5050 m d'altitude, après un
trek de 7 jours (dont 1 de repos) sous un très beau temps. Il fait
maintenant très froid ; sous la tente le seul bruit qu'ils entendent
est celui de la neige qui tombe en continu : la palette des couleurs
est passée du blanc-marron-grand ciel bleu, au blanc-dégradés de
marron... et encore blanc. En effet, ils évoluent sur un glacier
recouvert par endroits d'une couche de pierres qui peut atteindre 1m
d'épaisseur.
Les 40 porteurs ont à présent fait demi-tour ; ne restent avec eux que
le guide, le chef des porteurs et le couple de cuisiniers.
Aurélie

mardi 15 juillet 2008

La neige en vue

Axelle au téléphone hier :
Tout va bien pour les quatre.
Après deux jours de marche dans un paysage de pierre et de sable, sous
trente-cinq degrés, ils sont arrivés dans la vallée à 3000 mètres
d'altitude.
Ils aperçoivent enfin la neige.
Aujourd'hui, journée occupée à régler des questions administratives,
et donc, à profiter d'un peu de repos.
elsa

jeudi 10 juillet 2008

Des femmes voilees, premieres impressions

Apres seulement quelques jours passes au Pakistan, et surtout, a la veille de notre depart en expe, enfin, je voulais vous transmettre mes premieres impressions, concernant, le voile, plus generalement, la notion meme de femme au Pakistan, reste, bien sur, un sujet difficile a saisir dans son ensemble, oscillant, entre le respect et l'oppression.

Un leger apercu des regions traversees : a Islamabad, ville fantome, recente, quelques femmes sont entierement voilees - ou laissant seulement apparaitre leurs yeux. La majorite, cependant, porte un voile decouvrant la totalite du visage, une proportion non negligeable ne se voile pas. C'est deja moins le cas a Rawalpindi ?
Durant notre long voyage vers le Nord du Pakistan, nous sommes passes par des villages, exclusivement peuples d'hommes : les femmes etaient absolument absentes de la vie publique, apercues furtivement, rarement, entre deux maisons, totalement voilees dans de larges tissus sombres.

Dans la region de Skardu, ou nous faisons etape ce soir, et plus generalement dans les regions montagneuses du Nord-Ouest, pauvres, peu accessibles, les femmes travaillent generalement dans les champs - mais sont toujours absentes des centres des villages. De nouveau, elles sont voilees, laissent leurs visages apparents, et sont parees de couleurs vives. Une partie de la population, dans ces regions, est de confession ismaelienne.



Je me voile, les cheveux seulement. Par ailleurs, je porte des vetements pakistanais masculins, pantalon large et longue chemise, bleu marine en l'occurence. Plusieurs choses me marquent ; la perception des hommes sur les femmes au Pakistan - je n'ai pas encore eu l'occasion de parler aux femmes, j'espere rencontrer les familles, de notre guide, de nos porteurs, au retour de l'expedition.

Nous avons, pour l'instant, deux interlocuteurs privilegies, le guide et le liaison officer. Ce dernier m'explique que tout le monde remarque que mes vetements sont des modeles masculins, car ... au Pakistan, les femmes portent toutes des vetements seyants et colores. Colore, c'est vrai a Skardu, mais pas partout - et notre liaison officer ne vient pas de cette region ... Et seyant ... Le guide, egalement, s'est gentiment moque de mon souci de me voiler : "You look like a Taliban !", m'a-t-il dit. Je suis mille fois moins couverte qu'une femme en burkha ...


Enfin, etre une femme au Pakistan, c'est ... bizarre - je suis la seule femme dans la rue ou dans les magasins dans beaucoup de villages - mais cela donne aussi l'opportunite de rentrer a l'interieur des foyers, domaine strictement interdit aux hommes. J'espere avoir cette chance, je vous raconterai ca des que possible.

Skardu la magnifique !

Nous voila a Skardu, dans le nord du Pakistan. Deux jours de voyage quasiment non stop nous ont un peu engourdi les pattes, mais il faut reconnaitre que l'ambiance est extra ordinaire... Tres verts d'abord, puis plus secs ensuite, carrement desertiques sur la fin, les paysages ne nous ont pas lasses. La montee en altitude nous a reserve de belles surprises, puique nous avons meme pu observer le Nanga Parbat (un des 5 sommets de plus de 8,000 metres au Pakistan) au lever du soleil -apres un lever 3 heures du matin- la photo est juste en haut.
Comme  d'habitude, beaucoup d'imprevus et de discussion sans fin avec nos amis Pakistanais, sur des sujets allant du respect du "programme" ("Do you really want to arrive tomorrow ? It is complicated.... day after tomorrow is better !) au contenu des caisses de nourritures en passant par le nombre de porteurs et le backshish du chauffeurs...
Nous devrions finalement qavoir 40 porteurs pendant 8 jours pour toute la marche d'approche. Puis, au Camp de Bas, nous serons avec notre guide, le liaison officier, notre cook et son 'runner', qui est en charge de gerer l'approvisionnement depuis l'entrepot improvise a Concordia, a 8 heures de marche du camp de base. Et nous devrions rejoindre pres de 150 personnes (alpinistes et equipes locales) deja installees, comme nous l'a confirme un Allemand sur le retour croise ce matin au lodge. Une fois de plus, on a un peu l'impression d'arriver apres la bataille (la saison se deroule en general de Juin a Juillet, et non de Juillet a Aout), mais en raison de nos obligations professionnelles, nous n'avons pas vraiment eu le choix... Inch allah, nous n'allons pas nous inquiter pour autant, et puisqu'il n'y a plus de saisons en raison du rechauffement, ce sera peut etre a notre avantage !
Note: Ceci est le dernier message en direct de l'equipe, puisqu'a l'avenir, c'est ma soeur Margot - autrement plus litteraire que moi par ailleurs- qui va prendre le relais, sur la base des coups de fils que nous lui passerons par satellite. J'ai hate d'etre fin Aout pour pouvoir lire... notre blog !

« Pour un bébé, s’asseoir sur un canapé équivaut à gravir l’Everest »

C’est avec cette accroche que Pampers espère vendre ses couches à la jeune Maman que je suis. Spéciale dédicace à mon frère Tom qui appréciera que sa nièce partage quotidiennement ses exploits. Ceci étant dit, il me semble que nous devrions exiger que des communiquants aussi talentueux nous apportent quelques précisions : parlent-ils de l’ascension de l’Everest avec ou sans oxygène, en solo ou accompagnés de guides et sherpa, de jour ou de nuit… ? Cela manque un peu de précisions et de tout façon, j’ai entendu dire que l’Everest, c’est surfait.

Nos quatre amis Thomas, Axel, Guillaume et Axelle sont bien arrivés à Islamabad et brûlent déjà de quitter cette ville sympathique. Leur objectif : l’ascension de non pas un mais deux 8 000, les Gasherbrum I (altitude : 8 068 m) et II (altitude : 8 035 m)… dans le désordre. Outre leur appartenance au club très sélect des « + de 8K », ces deux sommets ont en effet en commun leur camp de base, à 5 900 m d’altitude. Donc quand est redescendu du G II, on est naturellement tenté d’aller saluer le G I dans la foulée. Et oui , « soyons réalistes, exigeons l’impossible » n’est pas réservé exclusivement à Ernesto G, ce pourrait également être la devise de nos intrépides amis. Au-delà de l’ascension des 2 sommets, gageons qu’ils réussiront avant tout à se faire plaisir.

Quant à Pampers, je leur suggère un slogan plus vendeur : « Pour nos bébés, soyons réalistes, exigeons l’impossible »…

mardi 8 juillet 2008

He must have been to McDonald !

e.fr

Nous vous disions que nous avons fait connaissance avec notre LO, 'Liaison officier' dans le texte. Representant du gouvernement, son role est de veiller a la bonne tenue de l'expedition (e.g. verifier aue nous n'avons pas de camera avec nous, pas de telephone satellite, que nous grimpons bien la montagne pour laquelle nous avons achete le permis etc...). Le plus souvent, c'est un capitaine de l'armee -il y a des criteres stricts en terme d'anciennete pour ce poste !- qui se propose spontanement de nous accompagner moyennant... remuneration. Cacher qui est finalement assez important (au total, pas loin de 2000 euros), et exhorbitant au regard des services apportes ! Quand on voit qu'un porteur est paye 5 euros par jour...
L'interet principal cependant, c'est que nous avons ainsi avec nous pendant toute l'expe un Pakistanais qui parle bien Anglais, avec qui discuter et apprendre sur ce pays etonnant. Et ca, c'est top.
Notre OL s'appelle M. Hyatt (comme la chaine d'hotel eponyme - mais je ne crois pas qu'il soit aussi rigolo aue l'autre eponyme de l'hotellerie, la fameuse Paris Hilton, dommage...), 36 ans, deux enfant et... 19 ans dans la Pakistanese Navy ! Un montagnard pure souche, qui plus est, avec le pied marin... Ca va etre rock'n roll, les 100 km de trek sur le glacier !
Enfin, aux premiers abords sympathique, il est tres notablement anti-Americain. Pour lui, "American people are directly reponsible for bombings in Islambad". Ou alors dans le registre moins sanglant 'My son is sick, he ate bad food.. it's because he wen't to McDonald for sure !". Certainement, surtout quand on compare avec les conditions d'hygiene des restaurants locaux typiques... Ca annonce des discussions politiques interressantes, cool !

Le programme des jours a venir

Ca y est, nous avons eu le brief du ministere du tourisme, recupere le fret, refait les bidons, palabre pendant des heures avec notre liaison officier... puis paye les taxes associees a ses services, depose la caution de 6,000 dollars aupres de l'armee, paye l'agence, paye une avance au liaison officer, paye le permis d'ascension, paye le pernis de trekk, paye les pollution fees... Ca y est, nous n'avons plus un rond, et sommes a priori debarrasses des soucis du materialisme moderne ! Jusqu'au prochain back-shish a regler of course. Parfois, on se sent comme un porte monnaie (troue) ambulant, drole de sentiment...
Nous sommes arrives hier a Islamabad, et partons demain matin aux aurores pour Chilas, a une douzaine d'heure de route, plein nord. Nous devrions arriver a Skardu jeudi soir, prendre une jeep pour Askole vendredi et commencer a marcher... samedi matin, ouf !
Notez que nous avons reporte le depart pour eviter Bisham, ville consideree comme potentiellement "hostile", que nous avions aussi contournee l'annee derniere a la meme epoque, pendant les evenements de la Mosque Rouge... Comme dit Sadurdin, notre contact locql, "There is no risk but... we don"t want to take risks !". Funny, isn't it ?
Cela dit, Islamabad est tres calme, et il n'y a aucun risque pour des touristes comme nous.
 
 
 

Islamabad la brulante...

Nous voila arrives a Islamabad ! Ca ne ressemble pas du tout a Pukhet (Thailande) pour ceux qui en douteraient, plutot a une ville tracee sur plan, a grand coup de regles et autres compas... 
Le climat n'est pas tres agreable en cette saison, puisqu'il regne une chaleur humide, aux airs de pre-mousson... En revanche, les Pakistanais sont toujours aussi gentils, curieux de l'interet que peuvent avoir 4 jeunes Europeens pour leur pays, et deja, les discussions vont bon train.
Pour vous donner le sourire, je joins une photo de notre ami Jawed, qui rentre tout juste du camp de base du k2, avec la barbe qui permet de passer sans anicroches les villages les plus... conservateurs ?
Il est temps pour nous d'aller vers le nord !

--
Thomas Grenier

www.hec2d.fr

vendredi 4 juillet 2008

Trousse à pharmacie


Nous voila prêts de ce côté, là, grâce à l'aide précieuse de mon amie Clémence. Clem' est médecin urgentiste à Chamonix, spécialiste de l'altitude et des traumatismes s'y rapportant, et c'est un soulagement de savoir que nous l'aurons au bout du fil quand nécessaire tout au long de l'expédition.
Nous étions ensemble au Gasherbrum 5 l'année dernière, et je me rappelle avec émotion la formation de premier secours (en cas d'arrêt cardiaque, faites ci et ça,...) qu'elle nous avait délivrée juste avant que nous partions dans les camps - ambiance...
Allez, quelques lignes de la notice de notre trousse à pharmacie: Tiorfan, Imodium, Flagyl, Primperan... les plus forts auront reconnu le lien qui existe entre tous ces médocs !

mercredi 2 juillet 2008

Un peu de Parapente avant de partir

Ce dernier week-end avant le départ évidemment été consacré à l'entraînement et... au repos ! Parapente, cyclisme et course à pied au menu, avec surtout beaucoup de sommeil car je dois admettre que ces dernières semaines ont été dures... Boulot, boulot, boulot, c'est pas nécessairement le triptyque qui gagne pour avoir la caisse. Mais je en me plains pas, c'est aussi ce qui nous permet de partir !

On tentera donc de "récupérer" pendant les 100 km de marche d'approche sur le glacier du Baltoro - j'en rêve, de ce grand amphithéâtre que nous devrions aborder d'ici une dizaine de jours....

Préparation du frêt !

Il y a maintenant une quinzaine de jours, nous avons empaquetté notre matériel d'alpinisme, soit près de 150 kg de piolets crampons, cordes, duvets et autres tentes.... et aussi deux bidons, remplis de 8 kg de fromage et d'un jambon de 6 kg, assortis des plus belles boîtes de sardines que nous avons trouvé en grande distrib' !

De quoi festoyer au camp de base et compléter autant que possible les traditionnels dal bat pakistanais (riz et lentilles). Cela dit nous ne nous y trompons pas, nous aurons du riz blanc tous les jours !

Enfin, les fins observateurs aurons vu dans le bidon blanc de gauche la bouteille de pastis que nous avons dissimulées... et que les douaniers Pakistanais se sont fait un plaisir de confisquer à l'arrivée du fret , semant la panique chez notre agent ! Au moins, on aura essayé...

mardi 1 juillet 2008

Un blog par téléphone

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Nous ne partons finalement pas équipés du matériel nécessaire pour avoir une connexion Internet par satellite jusqu’au Camp de Base, comme nous le souhaitions initialement, les contraintes, en termes de coûts et d’organisation, étant trop élevées.

Nous n’aurons donc pas accès à Internet pendant notre trek. En revanche, nous appellerons régulièrement, par téléphone satellite, plusieurs personnes, frères, sœurs, amis, qui seront en charge de mettre à jour notre blog. Lorsque Guillaume et Axelle rentreront, début août, ils pourront être à leur tour les scribes d’Axel et Thomas, encore là-bas. Nous mettrons nos photos sur le blog aussi vite que possible.

Un immense merci à nos sponsors

Nous avons le plaisir de vous faire part du soutien de l'agence bancaire BRED Grand'zé.

Nous aurons l'occasion de vous expliquer la nature de notre partenariat ultérieurement.

A bientôt.